lundi 10 novembre 2014

De l'autre côté du Bien

 «  Observez-donc le mal dans le monde. Observez l'histoire et ce que l'homme peut faire à son semblable. Dans tout ce bazar il est évident que Dieu n'y est pour rien. Croyez en Dieu si vous le voulez mais cessez d'affirmer que sa volonté s'accomplit sur Terre dès que l'homme accomplit quelque chose de bon, et d'accuser le Diable dès lors que l'homme fait le mal. Tout ce qui est à l'oeuvre dans le monde, c'est l'humanité elle-même. Arrêtez d'accuser des entités afin de déresponsabiliser l'homme de ses actes. Personne n'est perdu, mais tout le monde est responsable. On peut faire le mal même en ayant la foi et faire le bien même en étant athée. Vous insultez les mères et les sœurs d'autrui et vous prétendez croyants avant de vous coucher, stop, le Diable n'agit pas sur vous, vous êtes le Diable ! Que vous êtes le Diable ne signifie pas que vous avez été conditionnés par une entité aux mauvaises intentions, mais tout simplement que vous êtes responsables de vos mauvaises intentions, et que vous vous cachez derrière ces entités pour soulager votre conscience. Le mal absolu n'existe pas, il n'existe qu'un mal relatif aux autres. Cessez de refuser cette part de vous-même qu'est le mal, retrouvez-vous plutôt vous-même, prenez conscience de votre responsabilité et travaillez pour vaincre ce mal. La volonté de Dieu ne peut s'accomplir dans un monde où l'homme est livré à lui-même.

 
 Vous prétendez que Dieu est amour, mais prétendez en même temps, quand cela vous arrange, qu'il punit ceux qui désobéissent, et qu'il pardonne ceux qui se repentent. Mais la mauvaise foi dont vous faites preuve, elle, peut-elle être pardonnée ? L'homme qui fait le mal tout en espérant se repentir juste après, n'est-il pas un fourbe ? Mais dans la mesure où il se repentira, ne sera-t-il pas tout de même pardonné ? Est-ce là la justice selon vous ? Vous prétendez qu'il existe un destin écrit pour chaque homme, tout en affirmant que l'homme est responsable du mal qu'il fait. Pourtant, si le destin de chaque homme est écrit, n'est-il pas logique dès lors, que le mal, s'il a lieu dans son existence, fasse partie de  son destin ? « C'est plus compliqué que ça » dira-t-on. Et c'est compliqué en effet, mais c'est ce en quoi vous croyez dur comme fer. Vous croyez intrinsèquement en quelque chose que vous ne comprenez pas vous-même et vous prétendez plus légitimes que nous autres athées, qui croyons plutôt en la possibilité pour l'homme d'agir volontairement, et de bonne ou de mauvaise façon. Vous observez le mal en marche autour de vous et en vous-même, sans reconnaître qu'il vient de vous et d'aucune entité que ce soit. Comment qualifier votre attitude si ce n'est de mauvaise foi avérée ? 

   Je ne puis me prétendre fils d'un quelconque Dieu que si mon attitude en révèle de quelque manière que ce soit, l'essence. Ainsi, l'homme étant capable d'absolument tout, ne peut pas se prétendre la création d'un être bon, à moins que cet être le dote du libre-arbitre. Mais même si tel était le cas, il eut fallut que cet être lui-même, fusse capable des mêmes actions que les hommes. Or, la perfection que l'on accorde à Dieu, est absolument incompatible avec la contingence de l'attitude de l'homme. Le bien et le mal sont les fruits de la liberté. Et je conçois qu'il sera difficile pour vous, religieux de vous y faire. Comment parvenir à vous faire comprendre à quel point votre attitude est paradoxale ? Admettons qu'un homme viole la fille d'un croyant, il est certain que ce croyant, envahit par le désir de vengeance, voudra tuer à son tour le coupable. la question qui se pose est ; pour quelle raison, à ce moment précis, et dans cette situation précise, l'idée que l'oeuvre du Diable était en marche dans l'esprit du violeur, ne lui vient-elle pas à l'esprit ? Pourquoi ne pense-t-il pas tout de suite que le violeur n'était pas responsable de ses actes ? N'est-ce pas là la preuve que l'homme choisit quand le Diable et le Dieu sont à l'oeuvre ?  La mauvaise foi consiste à refuser de se reconnaître dans ses actions, et il est certain que tant que les hommes n'accepteront pas qu'ils sont capables de tout, ils se trouveront dans l'erreur.

   Il est nécessaire que la religion se lave de toutes ses incohérences, et pour ce faire, il est primordial qu'elle se fonde avant tout sur la responsabilité de l'homme dans ses actes. Observer certains religieux  contemporains, revient à observer des égoïstes qui veulent être sauvés avant les autres, et qui, au lieu d'inciter les autres à aller vers le droit chemin, préfèrent leur rappeler qu'ils paieront leurs actes lors du jugement dernier, pendant qu'eux, seront tranquilles au paradis. On croirait observer des enfants qui dénonceraient leurs frères ou leurs sœurs pour avoir une sucette. Tant que la religion ne grandira pas, et ne trouvera pas d'unité, il sera impossible pour elle de s'imposer. De plus, elle prétend prôner la paix, mais n'hésite pas à faire régner la violence pour s'imposer. Le désir de vengeance que prône la religion a été rebaptisé « justice ». Il suffit, pour comprendre, d'étudier de plus près la distinction entre Enfer et Paradis. L'Enfer, c'est à dire la souffrance du pêcheur, provoque la satisfaction de celui qui a subit des désagréments. Une justice véritable, au sens où la voudrait Platon, ne peut pas se baser sur l'idée de vengeance, la justice, doit être basée sur l'idée de Bien. C'est en ce sens que l'Enfer et le Paradis n'incarnent pas la justice, ils sont tous deux basés sur la haine. Pour que la justice soit, elle ne doit pas être mise en place en répondant à la haine par la haine. La justice doit rééduquer ceux qui font le mal, et non leur faire subir un autre mal. Dès lors, il ne devrait pas exister d'Enfer si le Bien absolu que représente Dieu était véritablement en oeuvre. Nous réserverons un article aux autres paradoxes de la religion plus tard. »

De l'autre côté du Bien

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