samedi 4 novembre 2017

Arrière-monde(s)..

Je ne saurais expliquer ce sentiment qui me poursuit depuis tout petit. Ce sentiment qu’il manque encore quelque chose à cette vie pour que je sois totalement accompli. Comme si je savais que quelque part en ce monde, quelque chose pouvait satisfaire ce manque, mais sans que je ne me donne les moyens de l’atteindre. Et cette routine, cette vie que j’ai mené jusqu’à présent n’apparaît aujourd’hui à mes yeux plus que comme une remise au lendemain perpétuelle de mes propres rêves. 

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En effet, en y repensant, je ne vois toujours aucune logique au fait d’avoir poursuivi l’école tout en détestant y aller au-delà de l’idée de trouver un métier peu contraignant et un salaire attractif et subvenant à mes besoins puérils. Pourtant, j’ai toujours l’intime certitude que plus tard, même dans une situation économique convenable, cette cruelle impression de m’être trompé de voie continuera à me poursuivre. Et même durant les fous-rires les plus sincères, lorsque tout est terminé et que je me calme, cette pensée revient : « Que fais-tu encore là, Johan ? ».

La mort approche à grands pas, et j’ai comme l’impression de continuer à fuir ce monde dont je suis certain de l’existence mais qu’au fond, je refuse de trouver en préférant la routine à la prise de risque et à l’aventure. Le sens de ma vie est en train de s’écrire dans un monde où tout se répète, où le soleil se lève et se couche sur un planning bien déterminé, où l’on se lève tous les matins pour gagner son pain. Dans un monde dans lequel être en retard est signe de pénalités, où un être humain fait signer un contrat à un autre pour que sa vie lui soit dédiée cinq à sept jours dans la semaine, de huit heures du matin à dix-huit heures du soir.

Au fond de moi, je savais que ce n’était pas la liberté dont j’avais rêvé, mais je m’y suis tout de même jeté. De même, demain encore je me plaindrai d’entendre le réveil sonner et je méditerai cinq minutes dans mon lit pour finalement me dire « tu n’as pas le choix, il faut y aller ». Et cette phrase, je crois, au même titre que les contrats, est l’arme que nous pointons sur nous-mêmes pour nous efforcer de vivre une vie que nous souhaiterons, comme nos parents, que nos enfants n’aient pas à vivre, comme dans un cycle éternel de répétition.

Quelque part au milieu de ce cycle, se dissimule la mort, prête à m’emporter et à me transformer en un simple souvenir pour les vivants. Lorsque j’y pense, je n’ai de cesse de me demander à quoi bon vivre cette vie si pénible, juste pour ne pas mourir en étant souffrant. Comme si on se levait chaque matin pour « mourir décemment ». J’aimerais simplement qu’il y ait un autre monde, qui fasse que la vie vaille la peine d’être vécue. Et dans tous les moments de tristesse, je suis persuadé qu’il existe.

Est-ce à chaque homme de se démener, de cesser de faire tout ce qu’il fait pour atteindre cette réalité idéale ? Ou alors, faut-il au contraire, trouver un moyen pour l’inventer ? N’est-ce pas là finalement toute la problématique de l’existence que nous exposons, là, sur une table ? Le monde auquel nous aspirons est-il donné, dissimulé quelque part dans l’Etre, ou est-il à créer à partir de ce que nous avons déjà ? 

J’aime l’idée qu’il faille le construire soi-même, mais je la déteste également en ce que la mort devient un obstacle, une incertitude pour l’accomplissement de ce projet. J’aime également l’idée qu’il faille le chercher, mais je la déteste du fait que la mort puisse mettre fin à cette quête sans que l’on puisse obtenir de réponse. A force d’y réfléchir, et voyant que la mort était sans cesse celle qui revenait au centre du problème, j’ai fini par me demander si finalement, ce n’était pas elle la clé de l’énigme depuis le début. 

La souffrance étouffée des hommes de la classe moyenne

Le sujet de cet article me tient à cœur car j'en rumine le contenu et les idées depuis assez longtemps. Cette réflexion parle de moi et...