vendredi 18 novembre 2016

Quand la mort engendre la foi.

La mort génère tant de souffrance et de surprise lorsqu’elle apparaît brusquement, que l’être humain, dans la crainte qu’il ressent vis-à-vis d’elle, met inconsciemment en place des moyens pour se donner l’impression qu’il la maîtrise. Nous perdons un proche, une connaissance, ou quelqu’un que nous côtoyions très peu mais assez souvent pour ressentir l’émotion provoquée par le choc de sa disparition, et tout de suite, notre corps tout entier se met à trembler et à nous faire penser. Nous nous disons « je pressentais qu’un drame allait se produire ».

Cette attitude est un aveu d’impuissance face à un événement qui, justement, ne nous touche et nous affaiblit que dans la mesure où nous ne pouvons pas décider de son apparition. Nous ne luttons pas seulement contre la mort, mais contre la méconnaissance. Que quelqu’un soit mort ne signifie pas simplement que nous ne nous reverrons plus, mais aussi que nous sommes condamnés à vivre en nous demandant si cette personne existe encore quelque part : en tant qu’esprit ou présence. Dans l’ignorance totale, nous nous mettons à l’idéaliser, à dire du bien d’elle en oubliant ce qu’il y aurait à dire de plus négatif à son propos. Parce que transformer les morts en anges est un moyen efficace pour lutter contre l’absurdité de la vie.

Nous voudrions qu’ils existent encore même dans une réalité différente de la nôtre, aussi leur souhaitons-nous un éternel repos et que cette vie éphémère que nous expérimentons ne soit qu’un passage menant à notre véritable place. Parce que la mort est la seule blessure pouvant mener à une foi absolue en Dieu. 

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