mercredi 23 novembre 2016

L'esprit est-il un habitant du corps ?

L’esprit est un concept si complexe qu’on en a trouvé des définitions plus ou moins différentes à travers le temps et l’histoire de la philosophie. Sa complexité est encore existante de nos jours puisque parfois même, l’on constate que l’on utilise plusieurs mots pour parler d’une même chose. Personnellement, j’ai toujours perçu le terme « esprit » comme le mot religieux pour parler de « la conscience ». 
Religieusement, l’esprit est vu, au même titre que le corps, comme une création de Dieu. La seule différence étant qu’ils bénéficient tous deux de statuts différents face au Créateur. En effet, l’esprit est religieusement l’être qui emprunte un corps éphémère. Le corps, lui, n’est qu’accessoire : pure chaire périssable et voué à la finitude tandis que l’esprit est appelé à la vie éternelle selon l’usage fait du corps sur Terre. 
Mais cette vision de l’esprit doit nécessairement être dépassée si l’on veut définir la chose concrètement. Je disais plus haut que l’on utilisait parfois plusieurs termes différents pour parler d’une même chose, et preuve en est : au fil du temps, on est passé de l’âme à la conscience. Le terme « âme » ayant une connotation plutôt religieuse et ayant beaucoup été utilisé dans la philosophie de Descartes. De nos jours, on parle même d’ « intelligence ». Or, le terme « conscience » est à mes yeux le plus approprié pour parler de l’âme ou de l’esprit pour certains. « Conscience » est un terme issu du latin « Con scientia » qui signifie plus précisément « avec savoir ». Il en résulte qu’être esprit, c’est entretenir un rapport de connaissance avec les choses. Autrement dit, avoir un retour sur ses actes et sur ce qui se produit et existe dans l’environnement.
Si je préfère le terme conscience à celui d’âme ou d’esprit, c’est tout simplement parce que comme Jean-Paul Sartre, je pense qu’il y a un lien étroit entre l’esprit et le corps. Parler de conscience, c’est prendre en compte le besoin de ce qu’on appelle « esprit », de se développer dans un environnement. Cela revient à dire que la conscience n’habite pas simplement le corps mais le fait exister, parce qu’elle permet à l’être humain de savoir qu’il a un corps qu’il peut utiliser. La conscience est ce qui fait que les choses sont ce qu’elles sont. Aussi étrange que cela puisse paraître, il faut se demander ce que serait un arbre si l’on ne lui avait pas donné ce nom, ou encore s’il n’y avait pas d’homme pour le percevoir. Non pas que le monde n’existerait pas sans l’homme, mais que sans l’homme, il n’aurait pas même un nom. Il n’existerait pour personne, même pas lui-même car il est dénué d’esprit. 
De la même façon, on peut se demander ce que serait l’esprit en dehors de son corps : aurait-il quoique ce soit à connaître ? C’est que la fonction du corps, est d’entretenir la connexion entre le monde extérieur et l’esprit. Et c’est lorsque cette connexion est assurée que l’esprit devient effectivement « conscience ». 
C’est ainsi que je définirais donc l’esprit : une conscience dénuée de corps. Et à l'inverse, la conscience : un esprit disposant d’un corps le mettant en relation avec le monde. Il n’existe certes aucun moyen de prouver que l’esprit est caché dans le corps mais il sera toujours vrai qu’un être conscient est un être qui sait qu’il est vivant et que le monde l’entoure. De sorte qu’être mort revient à être coupé de la connexion nous reliant au monde par le corps : une mort cérébrale n’est rien d’autre que cela. 

vendredi 18 novembre 2016

Quand la mort engendre la foi.

La mort génère tant de souffrance et de surprise lorsqu’elle apparaît brusquement, que l’être humain, dans la crainte qu’il ressent vis-à-vis d’elle, met inconsciemment en place des moyens pour se donner l’impression qu’il la maîtrise. Nous perdons un proche, une connaissance, ou quelqu’un que nous côtoyions très peu mais assez souvent pour ressentir l’émotion provoquée par le choc de sa disparition, et tout de suite, notre corps tout entier se met à trembler et à nous faire penser. Nous nous disons « je pressentais qu’un drame allait se produire ».

Cette attitude est un aveu d’impuissance face à un événement qui, justement, ne nous touche et nous affaiblit que dans la mesure où nous ne pouvons pas décider de son apparition. Nous ne luttons pas seulement contre la mort, mais contre la méconnaissance. Que quelqu’un soit mort ne signifie pas simplement que nous ne nous reverrons plus, mais aussi que nous sommes condamnés à vivre en nous demandant si cette personne existe encore quelque part : en tant qu’esprit ou présence. Dans l’ignorance totale, nous nous mettons à l’idéaliser, à dire du bien d’elle en oubliant ce qu’il y aurait à dire de plus négatif à son propos. Parce que transformer les morts en anges est un moyen efficace pour lutter contre l’absurdité de la vie.

Nous voudrions qu’ils existent encore même dans une réalité différente de la nôtre, aussi leur souhaitons-nous un éternel repos et que cette vie éphémère que nous expérimentons ne soit qu’un passage menant à notre véritable place. Parce que la mort est la seule blessure pouvant mener à une foi absolue en Dieu. 

La souffrance étouffée des hommes de la classe moyenne

Le sujet de cet article me tient à cœur car j'en rumine le contenu et les idées depuis assez longtemps. Cette réflexion parle de moi et...