mercredi 11 juin 2014

Méthodologie de la dissertation philosophique

A l'approche du bac, la majorité de mes confrères de terminale se posent une question à la fois importante et légitime : mais comment je vais faire pour réviser la philo, c'est impossible, trop d'auteurs, trop de notions, ah oui, et puis, c'est quoi une dissertation ? Comment faire une dissertation correcte ?

Vous vous sentez visés dans cet énoncé ? Pas de problème, c'est normal, et vous allez peut-être remarquer qu'il n'est pas nécessaire à l'approche du bac d'acheter des bouquins du genre : "la philosophie pour les nuls" ou autres illusions commerciales, qui ne font que vous enfoncer dans un espoir désespéré. Pour régler un problème, dans une dissertation, comme dans un problème banal de la vie quotidienne, il faut partir de sa base, je veux dire du noyau, du cœur, ou de l'essence comme dirait Platon ! En somme, la méthode ! Car, bien qu'on ait du mal à l'accepter, une dissertation bien rédigée, respectant la forme et la langue, vaut beaucoup plus en terme de points, qu'une dissertation constituée d'une accumulation d'arguments et de références philosophiques placées de gauche à droite. Un seul mot clé : ORGANISATION. Car non-seulement être organisé vous permettra de limiter la casse ( en cas de niveau vraiment catastrophique ), mais cela vous aidera également à gouverner correctement votre pensée, et qui sait, peut-être à obtenir une excellente note !

Avant même de commencer, petit point de culture, puisqu'il faut partir de la base, on peut se demander, mais qu'est-ce qu'une dissertation ? 

La dissertation est l'examen critique et écrit d'un problème. Cet écrit est composé de moments ordonnés les uns par rapport aux autres de manière méthodique. En d'autres termes, pour simplifier cette définition, dites-vous que faire une dissertation, c'est opposer plusieurs discours de manière ordonnée, logique et cohérente. C'est peut-être là la difficulté que l'on rencontre, celle d'opposer plusieurs discours, puisque nous sommes seuls à l'examen, et que nous avons nos propres opinions sur les choses. Mais en fait, c'est là que notre vécu entre en jeu, et que les cours étudiés durant l'année nous aident à être à la fois nous-même, et d'autres personnes que nous-mêmes, à savoir des porteurs de pensées ne nous appartenant pas. En somme, disserter, c'est discuter avec soi-même, ou si vous voulez, avec sa propre raison, et tenter de donner une réponse réfléchie à un problème dont l'enjeu est correctement mis en évidence dans l'introduction.


I. Mais alors, que faire face à un sujet ?



a)  Approcher le sujet


- Dans un premier temps, logiquement et forcément, il faut lire le sujet, mais lire le sujet, ce n'est pas sauter de joie parce qu'on est tombé sur une notion étudiée en classe, car certains sujets peuvent renfermer une, deux voir trois notions différentes, alors la tâche n'est pas si facile ! En fait, il faut lire le sujet comme si l'on avait jamais fait de philosophie, autrement dit, il faut le lire sans le juger, c'est déjà plus facile.

- Dans un second temps, posez-vous la question vous même, car si la réponse vous paraît évidente, c'est que soit vous êtes philosophe, bien entraîné, soit vous passez à côté du problème dont il est question, et c'est là qu'entre en jeu l'analyse.


b) Analyser le sujet

Après avoir flirté avec le sujet, il est temps de s'en rapprocher, de ne faire qu'un avec lui, en analysant ce qu'il est, c'est à dire avant tout, plusieurs mots qui se suivent, et s'il est composé de mots, comme l'homme est composé de membres, alors il faut, si on veut bâtir une réflexion dessus, étudier tous les mots qui le compose, les définir.

On est toujours face à un problème récurrent, en effet, nous ne sommes pas des dictionnaires, et le dictionnaire est en plus de ça interdit au baccalauréat. Mais alors, comment faire ? Tout simplement en faisant avec ce que nous savons. Certains concepts sont porteurs de différentes définitions, qui peuvent changer la tournure d'une dissertation.

Appliquer la méthode spéciale des trois P ( Très important ! )


La méthode que j'ai surnommée la recherche des trois P, est une méthode assez efficace, elle consiste à trouver dans un sujet :


- le présupposé ( ce que sous-entend implicitement le sujet)

- le paradoxe ( opposition entre deux opinions ou deux concepts radicalement opposés) .

Ces deux éléments sont à trouver en premier, car c'est grâce à eux que le problème et l'enjeu du sujet apparaissent, et peuvent donc être mis en évidence dans l'introduction. Vous-vous demandez maintenant quel est le troisième P ? Il s'agit en fait tout simplement du problème, et il devient évident à partir du moment ou l'un des deux P précédents a été trouvé.


c) Mettre en évidence le problème dans l'introduction


Faire une introduction, c'est mettre en évidence le problème posé par un sujet, rendre une question dont la
réponse peut parfois paraître spontanée, plus intéressante en montrant la multitude de réponses possibles. En fait, le problème d'un sujet repose principalement du fait qu'il y ait plusieurs points de vue et réponses à apporter à la question.

Problématiser ?


Problematiser... Voilà un mot qui paraît encore plus compliqué qu'une dissertation elle-même. Mais peut-être que la difficulté que nous voyons dans ce terme, est tout simplement due au fait qu'on ait volontiers tendance à confondre une problématisation et une reformulation de sujet. En effet, problématiser, ce n'est pas reformuler le sujet avec ses propres mots, mais c'est poser une question qui met en évidence la difficulté de choix de réponse. Vous ne comprenez toujours pas ? Et bien dites vous tout simplement que vous êtes dans un magasin et que vous avez le choix entre deux magnifiques pulls, mais que vous n'avez pas assez d'argent pour prendre les deux. La question que vous vous posez est : Faut-il préférer ce pull blanc étant donné qu'il est épais et que l'hiver réclame que l'on se couvre ? Ou ne vaut-il pas mieux prendre ce pull rouge, pour sa couleur éclatante, et sa légerté puisque l'hiver se termine bientôt ? Voilà ce qu'est une problématisation. Il s'agit peut-être d'un exemple folklorique, mais l'idée est de montrer qu'on rend parfois les choses plus compliquées qu'elles ne le sont. Problématiser, c'est transformer une simple question, en problème philosophique, dites-vous donc que pour l'exemple que je viens de donner, la question était : "quel pull choisir ? ". ( Comme vous le voyez, peut-être que l'on fait bien plus de philosophie qu'on ne le pense !)



II. Commencer son introduction

On a du vous le répéter souvent, mais les débuts du genre " de tout temps, les hommes", sont déconseillés, il
s'agit des débuts "bateau", qui montrent qu'on ne savait pas comment commencer. A ces débuts là, il faut préférer l'énoncé d'une définition ou d'une opinion commune. L'idée est d'amener le lecteur vers le sujet petit à petit. Souvent, le problème repose sur une tension entre l'opinion commune sur la question, et le présupposé du sujet. Ou parfois, c'est le présupposé lui-même qui est discutable.  Voici à peu près le plan d'une introduction :

a) Phrase d'accroche = présentation du thème.
b) Problématisation de la question.
c) Annonce du plan.

* Il existe deux types d'annonces de plan, l'annonce scolaire, du genre : "Dans un premier temps nous verrons.." . Et l'annonce de plan que le professeur préfère un peu plus, c'est à dire l'annonce sous forme de questions auquel on répondra dans chacune des parties. L'idéal, c'est à dire ce que les profs apprécient au plus haut point, c'est les introductions qui, tout en se passant d'annonce de plan, restituent implicitement le cheminement de leur réflexion.

*Petit rappel, si votre introduction est longue, votre dissertation doit nécessairement lui être proportionnelle, il vaut donc mieux se limiter à la longueur requise pour une introduction, c'est à dire 15-20 lignes maximum.


III. Le plan

Mais comment faire un plan, et puis, c'est quoi un plan ? 


Qu'est-ce qu'un plan ? Vous en avez appris beaucoup jusque là mais vous en demandez encore ?


Maintenant que vous avez appris à problématiser, vous devez mettre en jeu votre analyse et votre résolution du problème posé par le sujet, à savoir, le chemin que vous allez parcourir pour régler le problème. Avant d'expliquer à peu près ce qu'est un plan, il faut mettre les choses au clair en expliquant avant tout ce que ce n'est pas ! Beaucoup pensent qu'il y a pour chaque sujet, un plan type. Grosse erreur ! Il n'y a aucun plan type, tout simplement parce qu'un plan ne dépend que de la manière dont on approche un sujet. S'il y avait un plan type, il faudrait nécessairement envisager d'apprendre des dissertations par cœur, ce qui semble impossible et compliqué. Ainsi, la solution la plus facile, si l'on est vraiment en difficulté pour construire un plan, c'est de partir de l'opinion la plus commune, et d'aller au fur et à mesure, vers le  discours le plus réfléchi.

Partir de l'opinion la plus commune, c'est commencer par développer dans la première partie, la réponse la plus spontanée à la question. C'est pourquoi souvent, la première partie d'une dissertation philosophique est assez courte et pauvre comparée aux autres. Mais le problème ne se situe pas là, car se contenter de poser la réponse la plus spontanée n'est pas suffisant, il  faut qu'à la fin de la dissertation, le correcteur se dise qu’amputer cette partie de la dissertation serait la détruire  puisqu'elle doit sembler nécessaire à l'aboutissement finale de la réflexion, c'est ce qu'on appelle la cohérence ! ( et apparemment elle rapporte beaucoup de points au baccalauréat !).

*Autre chose, les plans oui/non/ sont à éviter, car si on se dit au préalable qu'il faut raisonner en oui/non, on bloque notre pensée sur un ensemble d'arguments pour et contre. Or, une bonne dissertation, est une dissertation, dans laquelle celui qui la rédige, découvre au fur et à mesure qu'il réfléchi, que son plan est cohérent, donc, en somme, le plan oui/non peut fonctionner, mais il doit s'imposer de lui-même, on ne doit pas le chercher.

LA TRANSITION !

*Entre chaque partie, on doit nécessairement trouver un paragraphe que l'on nomme la transition. Comme vous le savez, en terminale générale, les titres de chaque partie ne doivent pas apparaître, mais se deviner par la lecture. Et c'est là le rôle de la transition. La transition doit retracer ce que l'on vient de dire dans la partie précédente, et montrer en quoi le propos est réfutable et insuffisant en annonçant que l'on va démontrer les raisons qui le prouvent dans la partie qui arrive.


IV. Rédiger


a) Ce qui compose chaque partie




*Une dissertation, c'est dans l'idéal trois parties voir quatre, elle peut être composée de deux parties, mais il faudra que ce choix soit justifié, et qu'il ne débouche pas sur un compromis entre deux points de vues, il faut légitimer le fait que la réflexion s'arrête là.


*La troisième partie, si il y en a une, doit être le dépassement des deux premières, autrement dit, elle doit mener la question vers une autre dimension qui mettrait en évidence son caractère préférable aux deux points de vue précédents.


*Chaque partie doit être composée dans l'idéal de trois ou au moins deux paragraphes distincts afin que la copie soit plus agréable à lire pour le correcteur. Chaque paragraphe doit défendre une idée qui permet de répondre à la question, du point de vue de l'idée générale de votre partie. Par exemple, si dans votre première partie, vous défendez l'idée selon la quelle le pull blanc est préférable parce qu'il est épais, chaque paragraphe devra défendre une idée qui permet de dire que le pull blanc est préférable. Mais chaque paragraphe ne doit pas être la répétition des autres.


LES REFERENCES 

On dit souvent qu'il est possible de faire une excellente dissertation sans référence philosophique ou culturelle, mais étant donné la finesse de certains sujets, autant dire que si on a déjà du mal en philosophie, ça relève du mythe ! Et quand on est en difficulté, c'est là que les auteurs viennent à notre aide. Attention néanmoins à ne pas se tromper sur l'usage que l'on fait des références. En effet, une dissertation ne doit pas être l'opposition entre la pensée de différents auteurs. Le véritable but de l'usage de références, c'est de montrer en quoi l'autorité de tel ou tel auteur, permet de renforcer la puissance de votre idée ou de votre argument, ainsi, la pensée des auteurs est uniquement là pour accompagner la votre.

*Il faut veiller cependant à limiter l'usage de références, car on est parfois portés par l'envie de montrer que l'on connais des choses, mais dans certains cas, cela peut nous porter préjudice, dans le sens où mettre trop de références peut amener vers l'incohérence de certains de nos propos.L'idéal est alors de se limiter à une référence par paragraphe.

Ps: Les références ne sont pas nécessairement philosophiques, elle peuvent provenir d'autres domaines, tout est permis tant que l'usage en est justifié et qu'il alimente la réflexion.


LES EXEMPLES


Il faut éviter d'en donner trop. Les exemples sont intéressants dans le sens où ils permettent d'illustrer une idée, mais sont cependant une arme à double tranchant. Ils peuvent en effet dans certains cas mener à l'oubli que nous nous trouvons dans la rédaction d'une argumentation et non dans la rédaction d'un scénario de film. L'idéal est donc de se limiter à un exemple par partie. Et  si possible, n'hésitez pas à utiliser le même tout au long de la dissertation, mais pour des situations différentes. ( voyez comme j'utilise depuis le début l'exemple du pull).


b) La conclusion


La conclusion, bien qu'elle ne représente pas la totalité du boulot, constitue néanmoins le moment final de la dissertation. Mais pourtant, elle ne pose aucun problème particulier. La conclusion est tout simplement le moment où vous retracez tout le fil de votre réflexion en expliquant comment vous en êtes arrivés à l'endroit où vous en êtes. Ainsi, dans la conclusion, il faudra nécessairement qu'apparaisse la formulation de la réponse à la question.


*ATTENTION AU FAMEUX MYTHE DE L'OUVERTURE!

Le mythe de l'ouverture est un mythe selon lequel il serait nécessaire dans la conclusion d'une dissertation, d'amener la question vers autre chose, un autre problème. Or, un gros problème découle de ce mythe : l'ouverture n'est pas souvent maîtrisée, elle est même souvent complètement incomprise. L'ouverture est censée mettre en évidence le fait que notre réponse permet d'ouvrir la porte à d'autres questions. Mais le problème qui se pose est que la plupart du temps, on confond l'ouverture avec l'annonce d'un problème posé par le sujet que l'on est justement censé être en train de conclure ! Et quand on remarque ça dans la conclusion, ce qu'on remarque en même temps, c'est que la dissertation n'est pas terminée puisque une autre dimension du problème apparaît. Par conséquent, pour éviter tout risque, autant s'en tenir à une bonne conclusion classique. 

Voilà, nous y sommes, voilà à quoi peut ressembler une dissertation dans l'idéal : 



L'introduction

  • Accroche + présentation du thème
  • Problématisation
  • Annonce de plan


I.Première partie

  1. 1er paragraphe composé d'1 argument + 1 référence si possible
  2. 2ème paragraphe composé d'1 argument + 1 référence si possible
  3. 3ème paragraphe composé d'1 argument + 1 référence si possible

*Transition 

II. Seconde partie

  1. 1er paragraphe composé d'1 argument + 1 référence si possible 
  2. 2ème paragraphe composé d'1 argument + 1 référence  si possible
  3. 3ème paragraphe composé d'1 argument + 1 référence  si possible

*Transition

III. Troisième partie

  1. 1er paragraphe composé d'1 argument +1 référence si possible
  2. 2ème argument composé d'1 argument +1 référence si possible
  3. 3ème argument composé d'1 argument + 1 référence si possible


Conclusion:

  • Qui retrace le cheminement de la réflexion
  • Qui formule une réponse claire à la question posée







Voilà, maintenant que tout est dit, vous voulez certainement un petit exemple pratique de la méthode. Que serait une théorie sans pratique?


V. Exemple pratique de  la méthode

J'utiliserai pour exemple, un sujet des plus faciles qui existe, et souvent donné aux filières technologiques. Je m'en sers souvent car il est celui qui permet le mieux de mettre en évidence l'exercice de la dissertation dans toutes ses dimensions. Voici le sujet : Etre libre est-ce n'obéir à aucune loi ?  

Nous utiliserons la méthode dans l'ordre. 

a) Définition des termes du sujet :

Etre libre : Faire ce que je veux, absence de contrainte,ou n'être pas esclave = la liberté est un état.

Est-ce : Le sujet nous invite donc à discuter différentes conceptions. 

Obéir : Idée d'être soumis, d'être contraint par quelque chose d'extérieur

Aucune: Sans exception

Loi : Ce terme est ici indéterminé, il peut s'agir de la loi politique, morale, les lois de la physique...


b) Mise en évidence des trois P

Présupposé : Ce que présuppose la question, en disant : "être libre est-ce ?", c'est que la liberté est un état qui dépend de quelque chose d'extérieur.

Paradoxe : Le paradoxe ici repose sur la tension qu'il y a entre trois concepts : Liberté, obéissance et loi. Ce sont ces éléments qui vont nous servir à mettre en place le problème dont il est question. 

Problème : Le problème qui se pose est que l'idée que nous avons de la liberté, c'est à dire l'absence de contrainte et l'acte de faire ce que l'on veut, s'oppose nécessairement à l'obéissance, puisque obéir, signifie la soumission de nos actions à une volonté extérieure à la notre, autrement dit, obéir signifie être sous la contrainte. De même que les lois, qu'elles soient morales, physiques ou politiques, sont en général conçues comme un ensemble de règles qui nous poussent à agir contre notre volonté personnelle : Par exemple, la loi morale, m'oblige à placer les intérêts d'autrui, devant les miens, et la loi politique m'oblige à obéir dans certains cas à la volonté d'une instance supérieure, et pas la mienne. Enfin, les lois de la physique, qui s'imposent d'elles-mêmes, m'empêchent d'accomplir mes rêves les plus fous. Or, tous ces éléments nous emmènent vers une réponse spontanée : si la liberté est absence de contrainte, alors puisque la loi est une contrainte, être libre, consisterait nécessairement à y désobéir. 

Transformation du sujet en problème philosophique ( problématisation) : La liberté est communément définie comme désignant l'absence de contrainte, or, la loi, de par le fait qu'elle s'impose à nous, constitue une contrainte puisqu'elle empêche notre volonté de s'accomplir, il faudrait donc s'en émanciper, donc, y désobéir pour pouvoir prétendre être libre. MAIS ( le problème se pose à partir d'une objection de ce genre), d'un autre côté, ne peut-on pas voir en la loi ce qui permet justement l'accomplissement d'une autre forme de liberté ? En effet, faut-il plutôt considérer la liberté comme l'agissement irréfléchi d'une volonté instable, ou plutôt comme l'agissement réfléchi d'une volonté qui se pose les bonnes questions avant d'agir ? L'obéissance aux lois ne peut-elle pas en ce sens être un choix volontaire donc, paradoxalement tout aussi libre?

Si vous avez bien capté, je n'annonce même pas mon plan, mais il s'impose de lui-même, voici ce que cela pourrait donner : 

I. Etre libre, consiste à n'obéir à aucune loi 

  1. Les lois politiques, empêchent les volontés  de s'exprimer.
  2. Les lois de la physique, constituent une limitation inévitable de la liberté d'action.  
  3. les lois de la morale nous tourmentent et nous oblige à respecter et à privilégier autrui. 

Transition : Une conception telle que celle que nous venons de mettre en évidence rend la liberté impossible si ce n'est en obéissant à aucune des lois que l'on vient de citer, mais il faut cependant que l'on mette en évidence la nécessité de telles lois pour une vie raisonnable.

II. L'obéissance aux lois, seule rend possible une vie raisonnable

  1. Partout où il y a des hommes, il faut des lois pour que la liberté puisse être effective, car sans lois,pour guider les hommes, c'est la tyrannie de leurs instincts qui le fait.
  2. les lois de la  physique s'imposent d'elles-même, et comprendre que je n'y peut rien, et donc les accepter, me permet d'agir sans mettre ma vie en danger.
  3. Obéir aux lois de la morale, permet la mise en place d'un monde constitué de volontés essentiellement bonnes.
Transition : Nous venons de mettre en avant la nécessité de l'obéissance aux lois pour l'accomplissement d'une vie raisonnable et guidés par des volontés non tyrannisés par l'influence des instincts. Notre réflexion nous mène vers une nouvelle forme de liberté, un nouveau concept que l'on nomme : autonomie.

III. La liberté est par conséquent, l'autonomie ( Etre libre consiste à être autonome)
  1. Obéir aux lois de l'Etat démocratique, permet d'obéir aux lois raisonnables que l'on s'est soi-même prescrites, donc d'être libre et autonome. 
  2. Se poser des règles de conduite pour ne pas se mettre soi-même en danger face au monde extérieur,  et y obéir, c'est également être autonome. 
  3. Obéir aux lois morales, c'est à dire aux lois de la raison, permet d'atteindre une nouvelle forme de liberté que l'on nomme également l'autonomie, c'est à dire la capacité d'un individu à obéir à des lois qui proviennent de sa propre raison. 


Conclusion:

Nous avons vu dans un premier temps que la liberté, de par sa conception habituelle, c'est à dire absence de contrainte, nécessitait la désobéissance à toute forme de loi pour être exercée. Or, nous avons vu que concevoir une vie dans laquelle les lois passaient après la volonté et le libre-arbitre, c'était, oublier le rapport à autrui, et donc proposer un monde fait de dangers en tout genres. Partant de ce point de vue, nous avons mis en évidence une conception inattendue de la liberté, en tant qu'obéissance à une loi raisonnable, donc proprement humaine. Etre libre, ce n'est donc pas n'obéir à aucune loi, mais être autonome. 

Voilà, nous y sommes, à vous de vous entraîner à faire pareil ! Vous en êtes capables. 

*D'ailleurs,petite aparté, je n'ai fais appel à aucune référence, comme quoi ce n'est pas impossible ! 



Fin. 




Johan













La 


2 commentaires:

Harrystaut a dit…

Je pense que je peux partir tranquille en vacances pour quelques mois et te confier les terminales L l'année prochaine !

Johan Banzouzi a dit…

Ils auraient plus besoin de vous que de moi, 20 ans d'expérience valent plus qu'une année! Moi j'aimerais rester en terminale pour faire de la philosophie, c'est vrai qu'on peut continuer, mais vos cours sont irremplaçables.

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