dimanche 6 avril 2014

Le monde a-t-il besoin de moi ?

Le "monde" est objectivement définit comme l'ensemble des réalités matérielles qui constituent l'univers, autrement dit toute la matière physique. En phénoménologie, le monde désigne un horizon de sens pour l'Homme, autrement dit une structure de sens visée par l'homme comme horizon de son action et de ses projets. Le "moi" désigne ici, mon existence, ma conscience, tous mes états intérieurs, mes sentiments. Le terme "besoin", désigne ce qui manque à une chose pour se compléter. On comprend dès lors que se demander si le monde a besoin de moi, en parlant de la première définition, est insensé, car l'univers est trop vaste et énorme pour avoir besoin d'un petit être comme moi. Cependant, si l'on prend la seconde définition, la question prend une toute autre tournure, car, après tout,  je ne suis pas un Dieu pour pouvoir observer l'univers tout entier, donc, le monde est aussi et avant tout ce que je vois à travers mon existence, ce qui m'entoure, mes perceptions, mes projets, mon travail, en somme, comme le définit la phénoménologie, le monde est avant tout un horizon de sens pour moi. Les termes étant définis, il devient légitime de se demander si le monde a besoin de moi . Se poser cette question pose un autre problème : en effet comment savoir si le monde me transcende , ou si c'est ma conscience qui le transcende grâce à la signification qu'il lui donne ? De même qu'au delà du fait que le monde soit un monde vu à travers mon regard, je n'y suis pas seul, mais entouré d'autre sujets conscients,  qui doivent me reconnaître comme sujet, avant que je puisse prétendre faire partie de ce concept supplémentaire du monde qu'est le "monde humain". Pour ce monde-ci, la question pose un problème qui est celui de la nécessité de mon existence et de ma liberté. En somme, l'étude de cette question nous amène à la proposition suivante : si le monde a besoin de moi, je ne suis pas libre, mais ma vie a un sens, et si le monde n'a pas besoin de moi, je suis libre, mais ma vie n'a aucun sens, notre étude nous amènera à choisir entre une de ces deux propositions.

En étudiant dans un premier temps la conception du monde en tant qu'il est perçu par ma conscience, nous démontrerons que son existence dépend de moi. Cependant, comme nous l'avons montré, il sera aussi nécessaire d'étudier le concept du monde en tant que monde humain, pour lequel la nécessité de mon existence peut être remise en doute. Nous montrerons pour terminer que la nécessité de mon existence pour le monde humain, ne dépend que de ce que j'y réalise.

I.Conception du monde en tant qu'il est  perçu par  ma conscience


1. Mon cogito est la condition de toute connaissance et représentation


Dans le Discours de la méthode, Descartes, en pleine démarche du doute méthodique, décide de douter de
René Descartes
tout ce qui ne serait pas clair et distinct (entre autres, le monde et autrui). Sa démarche abouti à une vérité : " Je pense donc je suis" , il s'agit de l'affirmation du sujet pensant qui découvre et affirme son existence indépendamment du monde. Et  ce qui est intéressant dans le cadre de notre réflexion, c'est cette indépendance de la conscience que met en évidence Descartes. Si on étudie bien l'argumentation de Descartes, on remarque effectivement qu'il montre que le monde est douteux, car il n'est pas clair et distinct; il le démontre en le comparant au rêve, qui selon lui ne se différencie pas de l'existence dans le monde réel qui pourrait bien être en vérité un "songe bien lié". Ce que permet de mettre en évidence l'attitude de Descartes, c'est que le monde a, à priori besoin de la conscience du sujet pour être reconnu. Puisque comme nous venons de le dire, la conscience, donc le "cogito", semble être indépendant et être la seule possibilité de connaissance.


2. Le monde est ma représentation


Arthur Schopenhauer
Dès le début de son œuvre : le monde comme Volonté et comme représentation, le philosophe allemand Arthur Schopenhauer dit la chose suivante : "Le monde est ma représentation". Au premier abord, on a l'impression qu'il s'agit d'une drôle d'affirmation car un peu narcissique, il faut donc que l'on s'explique ce que Schopenhauer entend montrer. D'une inspiration Kantienne, Schopenhauer montre dans son œuvre que le monde est causalité, et  qu'il est rattaché à l'esprit humain, qui est sa condition.Autrement dit, il n'y a pas de monde sans perception mentale. Le terme "représentation", doit être compris ici au sens d'acte par lequel l'esprit rend présent les objets. Or, si le monde désigne tout ce qui m'entoure, c'est à dire ma représentation sous la forme d'espace et temps, alors il est une totale formation de mon esprit. D'ailleurs, comme l'a montré Emmanuel Kant dans la critique de la raison pure, une représentation désigne la sensation ou la perception accompagnée de conscience.Or, comme l'a montré Husserl, tout au long de son œuvre, c'est par mes perceptions, donc par l'activité de ma conscience que le monde m'est présent. De plus, le mouvement auquel appartenait Husserl, la "phénoménologie", littéralement "étude des phénomènes" ( le phénomène est ce que nous ressentons de cette relation avec le monde), montre en comparant la perception du monde à un spectacle regardé par un public, que de la même manière qu'il n'y a un spectacle que pour un regard, il n'y a de phénomène, que pour une conscience. Autrement dit, le monde est soumis à ma conscience, car elle seule, rend possible les phénomènes. On peut également, en somme, ajouter que sans ma conscience, il n' y a pas de monde, ce qui reviendrait à dire que le monde a besoin de moi pour exister, pour être possible. Notre démonstration s'illustre dans les paroles de Jean-Paul Sartre dans Situations II : " L'Homme est l'être dont l'apparition fait qu'un monde existe"

3. Le monde est "mon monde"

Le monde n'est  rien d'autre que l'image que nous nous en faisons. Dans Sens et Non-sens, le phénoménologue
Maurice Merleau-Ponty
Maurice Merleau-Ponty, décrit avec justesse, ce rapport qu'a la conscience avec le monde, en montrant bien que le monde paraît être au départ cet espace infini, que seule, la conscience, ne peut pas entièrement percevoir, qu'il y a dans ce vaste monde certainement bien d'autres choses qu'elle ne peut pas voir.Cependant, ce constat le ramène à une chose vraie : " Je remarque que la chose après tout, a besoin de moi pour exister. Quand je découvre un paysage jusque-là caché par une colline, c'est alors seulement qu'il devient pleinement paysage et l'on ne peut pas concevoir ce que serait une chose sans l'imminence ou la possibilité de mon regard sur elle." On comprend bien qu'en fait, la conscience humaine constitue une transcendance pour le monde, premièrement en ce sens qu'elle le rend possible, à travers les phénomènes, et secondement parce que la conscience limite le monde à ses perceptions, car comme l'a dit Merleau-Ponty, le paysage caché par une colline, n'est pas encore le paysage tant que mon regard n'est pas posé sur lui. On peut également reprendre l'exemple proposé par la phénoménologie: quand on regarde un spectacle, ce spectacle n'est pas un spectacle, ni le spectacle, mais mon spectacle en tant qu'il est perçu par mon regard et que lui seul, le rend possible. Quand je vais au lycée, ce n'est pas un lycée, ni le lycée, mais mon lycée, car le lycée n’est rien d'autre que la synthèse de toutes les perceptions que j'en ai eu, autrement dit, je n'ai pas le même lycée que la directrice, car nous n'avons certainement pas été dans le mêmes parties du lycée. Il faut donc reprendre cet exemple pour le monde, qui est réduit à l'ensemble des perceptions que j'en ai, c'est mon monde, qui n'existe qu'à condition que je porte mon regard sur lui. C'est là le sens de ces paroles de Merleau-Ponty dans la même œuvre que nous venons de citer : " Ce monde qui avait l'air d'être sans moi, de m'envelopper et de me dépasser, c'est moi qui le fais être".

Nous avons donc, à travers l'étude du concept du monde, en tant que monde perçu par l'homme, montré que le monde avait bien besoin de moi et de ma conscience, pour exister à travers les phénomènes, en effet à travers Descartes, nous avons presque mit l'Homme à la place d'un Dieu, qui, lui seul, pouvait reconnaître le monde, puis à travers Schopenhauer nous avons vu que la conscience jouait le même rôle qu'une télévision pour un magnétoscope, en ce sens qu'elle seule, rendait possible la perception imagée des phénomènes. Avec Merleau-Ponty, nous avons poursuivi en montrant que le monde était, grâce à la synthèse que ma conscience en fait, mon monde, car il ne serait comparable à celui de personne d'autre. Mais nous allons cependant montrer les limites de telles affirmations, car, si le monde perçu grâce à ma conscience, a besoin de moi pour exister, mon existence, a moi, elle, en tant que reconnaissance de mon humanité, ne dépend que du monde humain.


II. Conception du monde en tant que monde humain


1. Seul, je ne peux pas avoir conscience d'exister 

Alter-ego

Ce que nous montre le solipsisme de Descartes, c'est que le moi passe avant et est plus certain que le monde. Selon lui, je n'ai besoin ni du monde, ni d'autrui pour avoir conscience de moi, cependant, ce qu'oubli Descartes, c'est que s'il en vient à la décision d'entreprendre la démarche du doute méthodique, c'est avant tout après un rapport au monde, qu'il nomme lui-même de "douteux". Le problème qui se pose, est que seul, je ne peux pas avoir conscience d'exister. Les objets qui m'entourent sont inertes, et comme nous l'avons montré avec Merleau-Ponty, ils n'ont un sens que si je les regarde. Cependant, je ne peux avoir conscience d'exister, que si un autre moi, un alter-ego, peux me reconnaître à cause du fait qu'il soit, tout comme moi, un autre sujet conscient. C'est ce que Husserl va démontrer en montrant que contrairement à ce que pense Descartes, la conscience n'est pas une substance, mais une ouverture à l'altérité. En somme, je n'ai pas d'abords conscience de moi; puis du monde et d'autrui ensuite, parce que ma conscience est par essence, un rapport au monde et à autrui. Par exemple, si je suis face à une porte, c'est ma conscience qui me met en rapport direct avec cette porte, et ça fonctionne de la même manière avec autrui. Le monde humain n'a donc par essence, pas besoin de moi, car comme l'a montré Friedrich Hegel dans la dialectique du maître et de l'esclave, je ne suis un homme que si autrui m'accorde ce statut, et donc, que par essence, c'est moi qui ait besoin d'autrui, et que c'est ce besoin qui est constitutif de mon humanité.


2. La non-reconnaissance d'autrui,  provoque mon exclusion du monde humain

Un évènement dans l'histoire nous permet d'illustrer que le monde humain n'a pas besoin de moi. Comme nous venons de le démontrer, l'humanité est une reconnaissance d'autrui avant tout. Mon existence, dépend d'autrui. L'évènement de l'histoire qui illustre le mieux ce propos, est le génocide juif de la seconde guerre mondiale. Le processus par lequel les juifs on étés éliminés, est un processus qui consiste à les priver de leur humanité. En les en enfermant dans des camps, en ne les faisant pas travailler, mais accomplir des tâches, en les traitant comme de simple chiffres, les nazis ont entamé un processus de déshumanisation. En faisant en sorte que chacun des participants à ce  processus, n'ait à accomplir qu'un geste ( ouvrir la porte, faire rentrer les prisonniers, les compter, les surveiller, dénoncer, conduire un train ou un camion, enlever les corps), les nazis ont réussi à faire oublier à chacun que ce qu'ils faisaient, était fait à leur alter-égo, et que donc, ils étaient ouvertement en train de se traiter eux-même en quelque sorte, comme des animaux, sans conscience et sentiments. On comprend bien là que puisque les nazis n'ont pas reconnus les juifs comme des humains, les juifs n'étaient plus des humains durant cette période et cela vaut pour tout sujet; quand autrui ne me reconnait pas en tant qu'Homme, je ne suis pas un homme, et je ne fais pas partie du monde humain. En conclusion, de la même manière que je ne prend conscience de mon existence qu'à travers les autres, je ne saurais subsister sans qu'autrui me reconnaisse. Notre démonstration s'incarne dans ces paroles de Merleau-Ponty : "Le solipsisme ne serait rigoureusement vrai que de quelqu'un qui réussirait à constater son existence sans être rien et sans rien faire, ce qui est impossible, puisqu' exister c'est être au monde".


3.L'enfer, c'est les autres

Dans sa pièce, Huis clos, Jean-Paul Sartre, fait dire à l'un de ces personnages "pas besoin de gril, l'enfer
Jean-Paul Sartre
c'est les autres". Contrairement à ce qu'on en pense, Sartre ne cherche pas à faire comprendre que les autres sont mauvais, il ne cherche pas non plus à valoriser n'importe quelle autre opinion de la société, mais il cherche à montrer, qu'il n'y a pas besoin de Dieu, ou de Diable, car le véritable juge de tout homme, c'est autrui. Il cherche à faire comprendre que nous sommes tous autant que nous sommes, dépendants et en rapport avec autrui qui est mon seul et unique juge. Chacun de mes gestes, de mes actes, ne sont faits que dans la mesure où je sais qu'autrui m'observe et va me juger. Quand on cherche à se connaître, on le fait à partir du jugement qu'ont les autres sur nous, de même que si je cherche à devenir plus fort, c'est dans l'objectif qu'autrui reconnaisse ma force, car sans lui pour la reconnaître, elle n'a aucune valeur. Si je veux être riche, c'est dans le but d'être supérieur à autrui, car si je suis riche et qu'autrui l'est aussi, ma richesse n'a aucune valeur. J'ai besoin du regard d'autrui pour me sentir être, et c'est cette interdépendance que l'on nomme "intersubjectivité".


Nous venons donc de traiter la question sous un autre concept du monde qu'est le monde humain, pour le quel la question a prit une toute autre tournure, car il semble bien clair après coup, que ce n'est plus le monde qui a besoin de moi, mais bien moi qui ait besoin de lui, pour être pleinement humain, et donc, pour être complet. Car la conscience d'exister n'est vraie que si un autre moi est là pour me la faire signifier, de même que je suis humain que si un autre moi est là pour me faire signifier mon humanité. Partant de cette démonstration, il faut que l'on trouve une solution à ce problème; en effet, puisque je ne semble dépendre que d'autrui la solution au problème est que je fasse quelque chose de ma situation, autrement dit, que j'ose foncer dans le monde pour gagner la reconnaissance.


III. Exister, c'est oser se jeter dans le monde


1.Gagner mon humanité en travaillant 

Friedrich Hegel
Selon Hegel, je dois considérer autrui comme un miroir me disant qui je suis, cependant et toujours selon lui, il ne suffit pas que je reconnaisse autrui comme un homme, et qu'il en fasse de même. Comme il le montre dans la dialectique du maître et de l'esclave, la reconnaissance est une rivalité à mort dont l'enjeu est le choix entre la vie et la liberté, et dans cette lutte pour la reconnaissance, l'esclave est le premier à lâcher prise, il préfère abandonner sa liberté pour survivre et reconnaître le gagnant comme étant un homme, et par conséquent, lui permettre de le traiter comme un esclave. On peut considérer ce point de vue, comme décrivant l'état des gens qui ne sont pas reconnus en tant qu'humains, mais cependant Hegel propose une solution, qu'est le travail. Il montre que l'esclave gagnera sa liberté à son tour par son travail et la maîtrise de soi : en transformant le monde par le travail qu'il réalise pour son maître, l'esclave l'humanise en le rendant plus conforme à l'idée qu'il s'en fait, autrement dit, il transcende le monde, car il le conçoit au préalable, puis le réalise, et lui fait dépasser son stade habituel. Donc c'est à travers mon travail que je me réalise moi-même, et c'est aussi à travers son travail que   l'esclave devient une nécessité pour le maître, et c'est ainsi que Hegel montre que celui qui était au départ esclave, devient le maitre du maitre, et aussi le maitre de la nature. Donc, puisque le monde n'a au départ pas besoin de moi, c'est à moi par mon travail de l'obliger à me reconnaître.


2.L'existence précède l'essence

La conception traditionnelle de l'Homme affirme qu'il y aurait une nature humaine, de même que la conception  métaphysique de l'Homme l'affirme aussi. Selon ces deux conceptions l'Homme viendrait au monde avec une tâche à accomplir : le bien pour aller au paradis, ou transformer le monde et en devenir maître. En somme, l'Homme aurait une définition préétablie. Or , au XXe siècle, le philosophe français Jean-Paul Sartre vient briser ces conceptions, avec trois termes qui constituent une affirmation courte, mais sous-entendant beaucoup plus de choses : "l'existence précède l'essence" . Autrement dit, l'homme existerait d'abord, avant d'avoir une définition, donc, l'homme ne serait pas un être nécessaire, mais plutôt contingent, et ce serait là, ce qui ferait en même temps sa misère et sa grandeur car si je suis venu au monde et que je n'ai pas de but, ça signifie que j'aurais pu aussi ne pas être. Mais ce qui est intéressant en ces propos, c'est que l'on y comprend une chose; si je n'ai pas de définition, c'est à moi de m'en faire une en existant, à travers mes actes. C'est ce que démontre Sartre dans l'existentialisme est un humanisme, en montrant que l'homme se définit avant tout par ses actes et ses projets. Pour Sartre, si l'on se plie au regard des autres et si l'on reste concentré sur le jugement qu'ils ont de nous, on est comme mort, c'est à nous de faire quelque chose de ce jugement à travers nos actes, pour changer notre situation. Quand je n'agis pas , je me cache derrière les déterminismes, tandis que lorsque j'agis, je réalise et je deviens un exemple pour tous. Toujours selon Sartre, la présence d'autrui est tellement ancrée en nous, que  chacun de nos actes engagent l'humanité toute entière, il montre en effet qu'à chaque fois que j’accomplis quelque chose, je le fait en étant conscient du jugement d'autrui, mais ce n'est pas tout, car quand j'agis, je me réalise, et je deviens un homme bien particulier, et je crée par conséquent, un nouveau modèle d'homme, qui pourrait devenir un exemple pour l'humanité. C'est à l'homme de se choisir, il n'y a pas de déterminisme.


3. La superficialité de mon existence fait de moi un être libre

Puisque, j'aurais pu être, tout comme ne pas être, et puisque mon existence dépend des autres, ça signifie que par essence, je n'ai pas d'essence, et que je suis libre de me choisir. De même que je suis le seul à choisir ce que je vais faire de mon existence, ou si je vais y mettre fin. Le problème que ça pose, c'est que ça fait de moi un être responsable de tout, c'est le poids de cette responsabilité que Sartre nomme "liberté", car c’est vrai que n'importe qui voudrait se référer à une instance supérieure pour justifier ses actes, mais, puisqu'il n'y a aucun signe de cette instance, je suis responsable de ce que je fais et de ce que je suis. C'est cette responsabilité qui fait que je peux avoir peur de ma propre existence et ma propre liberté, ces éléments peuvent m’amener à faire preuve de "mauvaise foi" pour me déresponsabiliser. C'est ce que veut faire comprendre Sartre à travers ces mots :"l'homme est condamné à être libre". Je choisi mon existence, je choisis qui je suis. Si je rate ma vie, j'en suis responsable même si je ne l'ai pas voulu, car c'est l'ensemble des choix que j'y ait fait, qui m'ont mené à ce que je suis, et c'est ces actes qui me définissent comme le dit Sartre :" L'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait". En somme, le monde n'a pas besoin de moi, mais je choisi d'y rester ou de ne pas y rester, et je choisi d'y être ce que je suis. Je suis le seul à pouvoir donner un sens à ma vie.


Nous nous sommes donc interrogé sur la question : le monde a-t-il besoin de moi? En étudiant en premier le concept spirituel ( en tant que monde perçu par mon esprit) du terme "monde", concept pour lequel, il aurait en effet besoin de ma conscience, qui seule,  rend possible son existence, par la perception que j'en ai. Nous avons dans un second temps étudié son autre concept, qu'est le monde humain, dans lequel nous avons bien vu qu'il rendait mon existence superficielle, en ce sens qu'il la faisait dépendre des autres qui en étaient la condition. Cependant, nous stopper à une telle vision, était une attitude pessimiste, il a donc fallut dans une dernière partie, montrer que la superficialité de mon existence pouvait être combattue par mon travail qui transformerait le monde et pousserait les autres à reconnaître mon humanité. En somme, nous avons montré que le monde n'a besoin que de celui qui souhaite le compléter en choisissant son existence et en agissant sur lui et en donnant un sens à sa vie.


Johan












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