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Dans quelle mesure peut-on considérer que le doute est une méthode pertinente pour la recherche de la vérité ?

La philosophie se pose comme une discipline dont l'activité principale est la recherche de la vérité, la vérité au sens ultime. Le philosophe devant des constats et des insuffisances du domaine de la connaissance, s'attelle à acquérir la connaissance rationnelle sur les choses. La vérité paraît d'abord comme une évidence, une certitude, quelque chose de logique, mais pourtant il y a des choses que l'Homme n'arrive pas à
expliquer, comme la cause de l'univers. Le problème qui se pose est que si le philosophe cherche la vérité, c'est qu'il ne la connait pas, et qu'il ne se contente pas de prendre les choses comme elles sont. Philosopher, c'est en effet, dépasser les opinions, les certitudes réfutables qui mènent vers les erreurs. "L'erreur est humaine", cette expression populaire d'ailleurs en dit  long sur ce qu'apporte l'opinion. L'opinion, c'est ce que l'on affirme sans avoir réfléchi, ce qui s'oppose fortement  à la philosophie. Le travail du philosophe est en ce sens de refuser les opinions, d'en douter. On pensait par exemple avec certitude que la terre était plate, mais c'est en doutant de cette simplicité et de ce préjugé bien rapide qu'on a réussi à prouver qu'elle est en  vérité ronde. Le doute semble à première vue mener à la vérité. C'est pourquoi nous nous demanderons en quelle mesure nous pouvons le considérer comme une méthode pertinente pour la recherche de la vérité. Mais demander " dans quelle mesure", c'est demander s'il est possible de s'en affranchir et jusqu'où il faut le pousser, ce sera donc le chemin qu'empruntera notre réflexion. Nous serons donc amenés dans un premier temps à montrer que le doute est le moteur de la réflexion philosophique avant de nous demander si nous pouvons-être sûrs qu'il y a une vérité. Dans une troisième partie nous verrons la solution que propose Descartes au problème de la vérité. Et nous terminerons en montrant que le doute est tout de même à la base de cette solution.


I/ Le doute est le moteur de la réflexion philosophique et la signature de l'Homme 


1."Le doute est le sel de l'esprit"

"Le doute est le sel de l'esprit", ainsi parlait Alain, philosophe du XX siècle dans Les ânes rouges. On comprend derrière son propos que le doute est  ce qui fait de l'Homme ce qu'il est, c'est à dire cet être qui ne se contente pas d'être immergé dans le monde comme l'animal, mais qui se tient face à ce dernier de manière pensante. Le "sel" est un conservateur, donc si le doute est comme le sel, on comprend que c'est le fait que l'Homme doute qui lui confirme et qui marque le fait qu'il est capable d'intellection et de réflexion. Autrement dit, plus l'Homme doute, plus il marque son intelligence. 

2.L'étonnement

Mais douter, c'est également se faire violence, se rendre compte que ce que l'on croyait depuis tout ce temps, était en fait faux. Il faut donc s'humilier. D'ailleurs, Alain affirmait clairement qu'il s'agissait d'une "violence qui nous était faite". On comprend pourquoi Aristote dans Métaphysique, place le doute comme moteur de la philosophie, il parle même d' "étonnement". Un étonnement est un choc, une émotion violente face a un phénomène extraordinaire ou simplement inhabituel. Il est comparable à un coup de tonnerre qui viendrait nous foudroyer. Il s'agit d'après Aristote, de la source de l'interrogation philosophique car il appelle à une explication rationnelle. On comprend donc que puisque l'Homme est un ignorant, le doute ne fait que lui rappeler sa condition. C'est même selon Platon, ce à quoi on reconnaît un philosophe : "C'est la vraie marque d'un philosophe que le sentiment d'
étonnement" disait-il.
En s'interrogeant et en doutant, l'Homme met en service sa capacité à raisonner, il met donc en place des réflexions pour apporter des explications rationnelles aux phénomènes. C'est en effet comme nous l'avons dit dans l'introduction en doutant que la Terre est plate, que la science a démontré qu'elle est en réalité ronde, ou encore en doutant de la véracité de ce que nous apporte nos sens, qu'on a prouvé que nous voyons un univers coloré là où il n'y a en réalité pas de couleurs.



Nous venons donc de montrer l'importance, la nécessité du doute pour l'Homme. Nous avons vu qu'il prouvait son intelligence et qu'il lui rappelait sa condition. Nous avons également vu qu'il s'agissait là de la marque d'un philosophe et qu'il permettait à l'Homme d'être sûr d'exister et de mettre en exercice sa raison pour atteindre la vérité. Le problème qui se pose, c'est que la vérité que permet d'atteindre le doute et l'interrogation rationnelle, est une vérité par adéquation, autrement dit une vérité dont l'énoncé est en accord avec le réel, par exemple, comme nous l'avons dit, si j'affirme que la Terre est plate, mon affirmation est fausse, car elle n'est pas en accord avec le réel. la vérité pour ce coup-ci, c'est que la Terre est ronde. Or, il y a plusieurs sortes de vérité, comme les vérités mathématiques. Mais la philosophie est à la recherche de la vérité ultime, c'est à dire comme disait St Thomas d'Aquin, l'adéquation de l'esprit et de la chose. C'est pourquoi nous allons nous demander dès lors si nous sommes sûrs qu'il y a une vérité.


II. Sommes-nous sûrs qu'il y a une vérité ?


1. L'adéquation de l'esprit et de la chose est impossible

St Thomas d'Aquin est le premier à avoir définit la vérité comme étant l'adéquation de l'esprit et de la chose. Cependant, cette définition là, pose un énorme problème, car pour qu'elle soit valide, il faudrait que la
comparaison entre mes idées et les choses soit possibles. Or, nous n'avons jamais affaire aux véritable choses, mais à la représentation qu'en fait notre conscience et nos sens.

2. Le monde que nous percevons est le fruit d'une synthèse de la conscience.

"Le monde est ma représentation", ainsi a dit Arthur Schopenhauer dans son œuvre: Le monde comme volonté et représentation. On comprend bien là, que nous n'avons pas accès au vrai monde, mais à une représentation, une reconstitution simplifiée du monde, dont nous ne pouvons pas sortir, donc qui n'est pas vraie. Ce sont les différentes sensations qui, d'elles-mêmes, vont s'additionner pour composer l'objet que nous allons percevoir. C'est par exemple, le toucher de la table, sa couleur et sa forme qui s'assemblent afin d'en faire la perception de cet objet. En outre, selon Descartes, les objets que nous percevons ne constituent pas l'essence, mais l'apparence et le véritable objet, est celui qui demeure le même par au-delà les variations de l'expérience sensible. Donc, percevoir un objet, ce n'est pas le sentir, mais le concevoir, donc, l'inventer en quelque sortes. Je ne verrais jamais par exemple les six faces d'un cube, car ma conscience fait la synthèse de tout les moments perceptifs afin d'en construire ma représentation.

3.Rien ne nous assure en ce sens que le monde existe

Rien ne m'assure par conséquent que le monde est bien conforme à ce que j'en perçois; il se pourrait même comme l'a dit Descartes, que toute ma vie ne soit en fait qu'un songe bien lié et que je sois en trais de rêver tout ce que je crois percevoir: après tout  rien ne m'assure que le monde ou autrui existent tel que je crois qu'ils sont, je peux donc de manière légitime, en douter. Et s'il s'avère comme l'a également dit Descartes qu'un malin génie me trompe dans mon existence, alors je dois renoncer à la vérité. Il se peut même qu'il n'y en ait en réalité pas du tout.. Platon a affirmé également que le monde sensible était trompeur, qu'il était le :monde de la multiplicité et du changement permanent, donc qu'il n'était en aucun cas la vérité, et que bien au contraire, s'y attacher revenait à se perdre et à rester dans la caverne.

Nous venons de montrer qu'il était bien plus difficile qu'on le pense de définir la vérité, à cause d'un obstacle causé par nos sens et notre condition. Nous sommes à un stade de renoncement à la recherche de la vérité qui semble être peine perdu. Il paraît en effet plus que nécessaire de douter compte tenu de notre perception erronée du monde. On ne peut pas se contenter de qualifier de vrai, ce que nous dictent nos sens puisqu'il s'avère que notre conscience arrange tout de manière à nous simplifier la tâche. Encore une fois le doute est au cœur de la chose. Cependant, faut-il pour autant renoncer à la vérité ? C'est pourquoi nous allons nous intéresser désormais à la solution que propose Descartes pour la vérité et le doute.


III. La solution cartésienne


1. Il y a tout de même une vérité

Même si si tout nos jugements sont faux, il y a bien selon Descartes, une chose dont nous ne pouvons pas douter : pour se tromper, il faut être; donc, je suis :"Je pense, donc je suis". C'est selon Descartes, la seule proposition nécessairement vraie. C'est donc cette intuition qui devient le modèle de la vérité, car il ne s'agit plus de comparer mes idées aux choses, ce qui semble être impossible, mais mes idées à cette intuition certaine qu'est le cogito. Selon Descartes, toute idée étant aussi claire et distincte que le cogito est nécessairement vraie.Le doute est donc également la marque d'une spécificité humaine. En effet c'est parce qu'il doute que l'Homme est sûr d'exister. Pour sa philosophie, Descartes décide de douter de tout ce qui ne serait pas clair et distinct. Il va donc jusqu'à douter de son propre corps et des autres Homme ainsi que le monde. Se faisant, il parvient à une vérité que nul ne peut remettre en question puisqu'elle a une valeur universelle. Selon Descartes, la pensée est la marque de l'existence, c'est en effet parce qu'il se met à douter de tout qu'il est certain qu'il pense, donc qu'il existe. Cependant, on ne peut pas mettre de côté l'hypothèse d'une erreur en pensant que la pensée est la preuve de l'existence. C'est pourquoi, le philosophe St Augustin, dans Cité de Dieu, met en avant le rôle de l'erreur, en affirmant qu'au contraire, elle confirmait le fait que l'on existe : "Puisque donc je suis, moi qui me trompe, comment me puis-je tromper à croire que je suis, vu qu'il est certain que je suis si je me trompe ?" .


2.C'est dans la démarche du doute méthodique que Descartes parvient à cette vérité

La solution cartésienne, est basée sur son doute méthodique que l'on nomme même "hyperbolique", car ce dernier va même jusqu'à douter de son propre corps, du monde et d'autrui. On comprend donc que le doute est pertinent pour la recherche et pour ce cas précis même la rencontre de la vérité. C'est là une vérité au caractère universel qui fonctionne jusqu'à aujourd'hui. Cependant, un problème se pose toujours. La pensée de Descartes isole la conscience et la fait s'enfermer dans un solipsisme important. Avec cette vérité, nous ne sommes assuré que d'être en tant que chose qui pense. Mais comment être sûr qu'autrui et le monde existe afin de pouvoir sortir du solipsisme ?

3. Dieu

La certitude du cogito ne me dit cependant rien d'autre : hormis cela, je peux encore me prendre à douter de tout. Cependant, parmi toutes les idées dont je peux douter, il y a l'idée de Dieu. Or, l'idée d'un être parfait, est selon Descartes nécessairement parfaite; or je suis moi-même un être imparfait, donc je ne peux pas de moi-même avoir une telle idée. Si j'ai l'idée de Dieu, il faut donc que ce soit lui-même qui l'ait mise en mon esprit, ce qui fait que je peux être sûr que Dieu existe avant même d'être sûr que le monde est bien comme je le perçois. De plus, si Dieu existe, et s'il est parfait, il doit être bon, donc il ne peut pas avoir la volonté de me tromper, et le monde doit être bien tel que je me le représente.

Voilà la solution cartésienne, qui fait de l'existence de Dieu, le fondement même de la vérité. En s'y appuyant, on se rend compte que l'on peut s'affranchir du doute si Dieu existe et s'il est le fondement même de la vérité. Cependant nous allons maintenant montrer que même cette réponse est insuffisante car, une vérité de nature "divine", ne peut pas être précédée du doute, elle doit s'imposer d'elle même.


IV. Dieu est le fruit même du doute, donc on ne peut pas se passer du doute


1.Dieu ne peut pas être le fondement de la vérité si son idée est issue du doute

Comme nous l'avons dit dans l'introduction, la vérité est ce qui apparaît comme une évidence. Or, une évidence n'est pas nécessairement vraie. Descartes oubli une chose dans son discours, c'est tout simplement que c'est à travers la démarche du doute méthodique qu'il parvient à l'idée de Dieu, or cela signifie avant tout, que l'Homme est un ignorant et que l'idée de Dieu n'est qu'un secours à son manque de connaissance sur les  interrogations métaphysiques. En effet, quoi de mieux que de faire porter ses idées sur un être parfait dont personne ne pourra pertinemment remettre en question l'existence ? On comprend maintenant que c'est le doute des Hommes qui donne naissance à cet être qu'est Dieu, et il ne peut en ce sens pas être le fondement de la vérité, si l'Homme n'est pas avant tout un ignorant qui doute.


 2. Si Dieu est parfait, une vérité lui provenant devrait s'imposer d'elle-même

En outre, le fait que Dieu soit un être parfait, pose un problème qui est le suivant: Puisque la vérité ultime provient de Dieu, pourquoi faut-il douter pour aller à son encontre ? Or, puisque Dieu est parfait, toute vérité, tout ce qui se rapporte à lui doit s'imposer automatiquement sans passer par un quelconque doute qui est en plus une preuve totale d'absence de foi. De même que le discours de Descartes pose problème, car selon lui, seul un être parfait peut avoir mit en son esprit l'idée de perfection. Or, encore une fois, si Dieu est parfait, il est impossible qu'il ait été à l'origine d'un être imparfait, et d'un être qui doute de son existence.


3. L'existence de Dieu est en ce sens soumise au doute de la pensée humaine

Il paraît désormais clair et net que pour exister, Dieu a besoin de l'Homme. Puisque l'Homme est ignorant, il doute et a besoin de Dieu pour trouver la vérité. Cela sous-entend aussi que si l'Homme ne pense pas à Dieu, il n'existe pas. Il y a donc une interdépendance entre Dieu et l'Homme.


Conclusion:

Nous nous sommes donc interrogé sur la pertinence du doute pour la recherche de la vérité. Nous avons dans un premier temps vu qu'il était le moteur de la philosophie et ce qui révélait l'intelligence et l'exercice de la raison humaine. Puis nous nous sommes interrogé sur un détail assez important, qui est celui de la vérité, en voyant que c'était une notion plus difficile qu'on ne le pensait, et qui pouvait peut-être relever de l'illusion. Mais afin de ne pas désespérer, nous nous sommes inspiré de la pensée de Descartes pour montrer qu'il y avait quand même une vérité nécessairement vraie, celle du cogito qui nous assurait le fait d'exister. Bien que rassurant, nous avons vu que le fait d'être certain d'exister était insuffisant, car nous enfermant dans un solipsisme nuisible, et nous condamnait à continuer à douter du monde et des autres, donc qu'il nous fallait aussi une assurance de l'existence du monde et des autres,  pour s'affranchir et faire perdre sa pertinence au doute, c'est pourquoi nous avons fait intervenir un Dieu vérace et bon, qui ne pourrait pas vouloir nous tromper, et qui serait la base de toute vérité. Nous avons bien vu là que l'existence de Dieu, enlevait toute pertinence au doute pour la vérité, mais nous avons vu dans une dernière partie, que la base même de l'idée d'un Dieu, provenait du doute, et qu'en ce sens, le doute reste la chose la plus pertinente pour toute vérité quelle qu'elle soit. On pourrait pour terminer, ajouter que le doute fait partie de l'Homme en vue du fait qu'il est doué de raison. Il ne peut pas se limiter à accepter les choses telles qu'elles sont, il doit absolument apporter des explications rationnelles aux phénomènes. Qu'il s'agisse de l'erreur, de la vérité, ou de Dieu, on ne peut pas atteindre ces notions sans avoir douté avant.



 








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