Accéder au contenu principal

L'Homme moderne dans le monde moderne.

Hier soir, en discutant avec une amie sur le monde, j'ai été prit d'une inspiration dont je ne saurais indiquer la provenance, mais en tout cas, elle prend vie dans ce petit texte que j'ai écrit ce soir même, et que j'ai intitulé L'Homme moderne dans le monde moderne, bonne lecture à vous.


« Chaque individu, à partir de l'âge où il est apte à réfléchir, devient l'objet de formatage. Ainsi apparaît l'Homme moderne. Tel un disque vierge ou un parchemin vide qu'il faut remplir. Le problème de son apparition, est qu'il n'apparaît pas dans un monde dans lequel il est seul, mais dans un monde peuplé d'autres comme lui. D'autres qui prétendent connaitre le monde mieux que lui compte tenu de leur expérience, eux qui ont d'après leurs dires, plus de savoir que ce petit être encore vide d'esprit et encore apte à pouvoir suivre n'importe quelle voie, lui qui pourrait très bien devenir le dictateur ou le sauveur de demain. Malheureusement, il est clair que l'Homme moderne est beaucoup moins libre que l'Homme primitif, bien que l'Homme primitif soit beaucoup plus livré à ses penchants naturels. Quoiqu'il en soit, il est irréfutable qu'il est plus libre que l'Homme moderne dont les choix sont plus guidés par le regard d'autrui que par le sien lui-même. Dans le monde moderne, l'Homme ne devient que ce que la société humaine fait de lui. Or, l'Homme primitif, lui ne se souci guère de ces choses là, en ce sens qu'il fait ce qui l'intéresse; autrement dit, il se forge lui-même. En effet, il n'est pas de plus grande liberté que celle de se forger soi-même. Le monde moderne mènera l'Homme moderne à sa perte. Lui, ce pauvre ignorant qui sans avoir rien demandé, se retrouve dans ce monde. Lui qui sans avoir rien demandé, est orienté vers des religions, des opinions, dont il n'est en réalité pas maître du tout, mais plutôt esclave complet et suiveur fortement engagé. Comme le drapeau que l'on hisse en haut d'un bateau, l'Homme moderne vibre dans la direction vers laquelle le vent, ou plutot pour son cas précis, les autres le mènent. Plus de place pour l'art et les belles choses dans le monde moderne, car l'économie prend le dessus. Plus le temps de se préoccuper de ce que sera l'avenir, car l'exès, la débauche et le présent prennent le dessus. Peu importe que la nature n'ait plus rien à offrir aux générations futures, tant que la génération présente en profite un maximum. Qu'il est triste le sort de l'Homme moderne, doué de raison mais incapable de s'en servir à bon escient, car consumée par l'insouciance omniprésente dans le monde moderne. Toujours tout pour soi est préférable à  plus pour tous. Il n'est pas une seule interview, une seule conférence de presse ou un grand discours présidentiel où a été posé l'une des questions les plus simples qui soit : "pourquoi continuons-nous à vivre cette vie et à faire comme si c'était nécessaire et normal de la vivre ?". Malheureusement, le masque de la liberté corrompt les propos et les réponses que l'Homme moderne pourrait donner à cette question. L'invention de l'idée de Dieu, donne un but illusoire à la vie de l'Homme moderne. Il vaudrait mieux être un corbeau ou un aigle afin de survoler tout ce désastre conscient et bien raisonnable qui constitue cette société humaine et ce monde tout entier, un désastre causé par un être qui n'est même pas certain de sa propre existence, qu'il est même capable de remettre en doute. L'Homme moderne ne voit que ses problèmes les plus futiles alors que la véritable question qu'il devrait se poser, c'est : "vais-je suivre les autres, ou irai-je vers ce que je pense être le mieux pour mes idéaux?". Là est le véritable problème de la liberté, qui n'a qu'une seule véritable solution. Est véritablement libre , l'Homme qui remet en question les conventions, les stéréotypes et les mythes. Autrement dit, seul le philosophe est libre, étant affranchi des futilités qui créent un semblant de vie aux autres Hommes modernes. »

Johan Banzouzi

L'Homme moderne dans le monde moderne

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Suis-je ce que j'ai conscience d'être ? / Qui suis-je ? / Puis-je me connaître ?

Introduction:

  Il n'y a rien de plus certain et de plus important pour un homme que le fait et le sentiment d'avoir une identité. Notre identité, c'est ce que nous affirmons lorsque nous disons «je» ou «moi». Elle renvoie à ce que nous appelons communément, notre «caractère», c'est-à-dire notre manière d'être aux yeux des autres. Avoir conscience de soi n'a donc pas d'autre sens au départ que celui de savoir que nous correspondons bien à ce caractère que nous nous forgeons en existant. Pourtant, ce caractère qui nous semble si certain, peut nous échapper par moment ; nous pouvons nous persuader de faire quelque chose, sans pourtant au moment venu, la réaliser comme prévu. De même nous pouvons dire dans l'embarras, quelque chose de faux, par la simple présence d'une personne que l'on veut impressionner. Ainsi, le «je», ou le «moi» pourraient s'avérer n'être que des illusions résultants d'une méconnaissance de l'influence du monde …

Accomplir tous ses désirs est-ce une bonne règle de vie ?

 Introduction:

 Souvent comparé au tonneau des Danaïdes qui se vide à chaque fois que l'on essaye de le remplir, le désir se caractérise par son caractère insatiable. En effet, à peine est-il satisfait, que de la satisfaction passée, apparait le regret qui donne lui-même naissance à un nouveau désir. Le problème qui se pose émane justement de ce caractère insatiable. On le voit bien, tout comme l'a montré Thomas Hobbes dans  Le Léviathan, qui disait que du désir des hommes non guidés par une instance supérieure apparaissait "la guerre de tous contre tous". Ainsi, la définition même du désir nous mène vers la tension qu'il amène dans une vie avec autrui, si bien que l'on peut se demander si accomplir tous ses désir est une bonne règle de vie. Mais se poser cette question, c'est demander s'il est possible de maîtriser ses désirs ou de renoncer à certains d'entre eux, mais c'est aussi affirmer au préalable que les désirs peuvent être satisfaits, …

Peut-on réduire l'esprit à la matière ?

Introduction: S'il y a une certitude partagée de manière assez universelle, c'est bien celle que l'esprit s'oppose à la matière, comme la théorie s'oppose à l'expérience. On voit en l'esprit l'élément immatériel incarné dans l'homme, cette fameuse "substance pensante" (res cogitans) dont nous parle Descartes. Le problème qui se pose, est qu'il y a peut-être des risques à vouloir absolument distinguer la matière de l'esprit. Car paradoxalement, c'est notre esprit qui nous met en lien direct avec la matière, et donc nécessairement le rapport à la matière qui nous fait savoir que nous sommes des êtres spirituels. Nous sommes donc invités à nous interroger sur la question de la légitimité du dualisme. En somme, peut-on réduire l'esprit à la matière? Cette question, qui, au premier abord paraît totalement paradoxale, du fait que par essence, matière et esprit s'opposent l'une à l'autre, peut devenir intéressante si l…